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Réflexions théologiques et environnementales sur l'actualité

Et si l'on évoquait la violence ?

Et si l'on évoquait la violence ?

Dimanche 31 juillet 2016

Lectures

Psaume: 22

Esaïe 53,

Luc 23, 26-56

« Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font »

Le récit de la crucifixion est construit à partir d’autres : par exemple, celui du Psaume 22 et celui d’Esaïe 53, c’est donc une méditation sur l’événement de la mort de Jésus et non un compte rendu d’observation. Une méditation qui vient nous donner des indications sur ce que les communautés ont retenu de la vie et de l’enseignement de ce Jésus qu’elles nomment Christ-Messie.
Les textes de l’Ancien Testament ont façonné l’attente messianique juive et c’est en s’appuyant sur eux que les premières communautés judéo-chrétiennes vont « prouver » la messianité de Jésus.
Les récits de la passion vont également permettre de rectifier les attentes messianiques auxquelles Jésus ne répond pas : attente de la restauration davidique, de l’indépendance du Pays, de la toute puisssance de HWH sur tout la terre. C’est comme un travail de deuil, un renoncement auquel la communauté juive est appelée à entamer, avec comme seule espérance celle d’un Retour après la disparition du Christ.
De même que les premiers chrétiens relisaient leur actualité à la lumière de leurs textes fondateurs, de même pouvons nous relire notre actualité à la lumière des textes des premiers chrétiens et des textes qui les ont inspirés

1. Père pardonne leur
Jésus est au pire moment de son existence : il ne s’agit plus d’enseigner de marcher de rencontrer mais de faire face au moment ultime où toute explication est impossible, tout discours est mal venu. Il faut aller à l’essentiel, dire le cri de l’être.

a. Une adresse au père
Jésus s’adresse à Dieu comme Père et non comme à une divinité lointaine. C’est dire son intimité avec Lui.

b. Une demande de pardon
Contrairement à ce que l’on dit souvent, Jésus ne pardonne pas lui-même… mais demande à Dieu de pardonner. Il ne s’en sent pas capable ? La douleur est telle qu’il ne peut le faire ?
Toujours est-il que l’évangile nous le montre en prière et non en prophète fanfaron et sur de lui. Il a besoin de la force de Dieu

2. Car ils ne savent pas ce qu’ils font
Ceci est comme souvent un constat : la parole de Jésus vient dire une réalité qui dépasse les acteurs mêmes : leurs actes ont des conséquences lointaines er supérieures à ce qu’ils croient.
J’y vois comme une sorte de répétition de cette autre parole « tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre sera lié ou délié dans le ciel » : nos actes, nos paroles dépassent ce que nous en percevons et engagent parfois l’humanité entière.
Ici, les autorités juives, les soldats romains et Pilate pensent simplement se débarrasser d’un gêneur : par leurs actes, ils en font un martyr… ce que pressent fort justement un des deux brigands (terroristes vis-à-vis de l’Etat romain ?) mais aussi le soldat qui constate la mort.
Ces choses là sont révélées aux petits et aux faibles…. Et non aux autorités. Ceux qui ne sont pas encombrés de leur rôle, de leurs certitudes peuvent discerner la vérité.

3. Dans notre actualité comment l’entendre ?

a. Comment être devant notre actualité comme un imitateur, un disciple de Jésus ?

i. En prière : c'est-à-dire en s’ouvrant à des possibles qui nous sont à nous impossibles. Dans une attitude de soumission, d’intériorité et de partage. Prier ici est un cri et non un traité de théologie.

ii. En demandant à Dieu le pardon que nous nous sentons incapables de donner
Nous ne sommes ni Dieu, ni Jésus, nous ne pouvons que constater notre indigence à donner le pardon et demander de le recevoir pour le transmettre. C’est l’urgence de la prière pauvre et humble…

iii. En mesurant les conséquences des actes des autres et les nôtres : les actes que nous faisons, ceux que nous subissons vont au-delà de la perception que nous en avons, ils engagent l’avenir, parfois, de nos enfants, de nos amis, d’inconnus que nous croisons.
Nous ne savons que rarement ce que nous faisons, mais, et cela peut peut-être nous rassurer les autres non plus. Les conséquences n’en demeurent pas moins !

b. La violence n’est pas une nouveauté

Depuis des millénaires et peut-être plus les humains sont violents… depuis des millénaires ils tuent, violent, volent, raptent, conquièrent…
Depuis des millénaires ils se demandent comment rompre avec la violence, comment en abaisser le niveau.
Depuis des millénaires, ils établissent des alliances, des codes, des religions pour tenter de juguler cette « bête immonde » qui relève en permanence la tête.
Depuis des millénaires, les religions elles-mêmes se laissent aller à la violence pour contrôler les « hérétiques », assurer leur propre « défense » ou bien étendre leur influence ; toutes, Judaïsme, Bouddhisme, Christianisme et Islam…..
Mais cette violence est :

i. En soi
C’est la plus difficile à dépister, elle peut même prendr
e les habits de la bienveillance. Souvent nourrie de nos peurs. Mais une fois qu’on l’a découverte, alors on peut la surveiller du coin de l’œil pour la « dominer » colle le dit YJWH à Caïn

ii. Dans les autres
La plus facile à déceler mais source de peur d
onc voir le 1èrement

iii. Dans le monde
Celle qui se déchaine depuis des décennies et
dont nous prenons conscience parce qu’elle se rapproche de nous. Elle devient, pour nous qui nous en croyions protégés, évidente, terrifiante

c. Mais la réponse de Jésus reste nouvelle pour toujours

Non pas se battre contre la violence, mais prier Dieu de pardonner !
Il ne s’agit pas ici d’un acte pieux… comment pourrait-il l’être ? Mais d’un acte ultime, comme le cri « Maman » du soldat touché à mort !
En même temps c’est un acte d’amour ultime qui peut ne pas être efficace, sur le moment.
S’adresser à Dieu – ce plus intime de nous-mêmes, ce plus profond qui nous rassemble – c’est prendre le risque de ne pas agir avec impulsion….
Dans notre actualité présente les prières semblent abonder en France, mais elles ne seront efficaces que si elles nous transforment nous-mêmes dans notre rapport aux autres
Ici l’ACAT pourrait nous aider qui prie pour les victimes et pour les bourreaux

Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font

Amen !

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Lucile Blavy 01/08/2016 20:36

Le paragraphe 3b fait écho en moi car effectivement c'est ce mal en soi qui dévie bien souvent la raison.

Les émotions, inspirées par la peur, sont très souvent porteuses de haine, de violence,

Pourtant, elles sont nécessaires et bonnes à la fois car elles peuvent aider à évacuer, en soi, le trop plein d'amertume pour les projeter vers ce dieu, pas nommé, qui les reçoit, les nettoie et nous les renvoie purifiées de son Amour.

À moi, à chacune et chacun d'en accepter le présent, le don gratuit de sa grâce, pour que s'effacent violence et haine et s'installe, en soi, la sérénité qui permet de prendre un nouveau départ...

02/08/2016 18:48

Merci de ta réflexion.