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Réflexions théologiques et environnementales sur l'actualité

Chronique de mon jardin 1

Chronique de mon jardin 1

"Yhwh Dieu planta un jardin en Eden à l'orient, et il y plaça l'humain qu'il avait formé"

(Genèse 2, 8)

Un jardin : combien de nous rêvent d'en cultiver un, se sentent heureux et accomplis dans un environnement "naturel" ? Beaucoup sans doute.

C'est également pour cette raison que beaucoup de mythologies des origines placent dans un jardin les débuts de l'humanité. L'humain aspire à la quiétude du jardin, son aspect ordonné, rassurant, qui le tranquillise au regard des dangers d'une nature considérée comme indomptable : déserts, forêts profondes, marais, montagnes hiératiques ou éruptives etc.

Le jardin, c'est comme la matrice initiale où l'on aspire à se réfugier, c'est comme un microcosme que l'on peut dominer, le biotope originel. C'est une nature maitrisée, domestiquée, apprivoisée.

Dans la fascination qu'exerce l'écologie aujourd'hui, il y a comme du retour à la terre-mère et les nombreuses émissions de télévision à ce propos (jardinage, documentaires naturalistes, séries de voyages...) cultivent (!!!!) cette attrait de nos contemporains. C'est sur ce ressort que joue l'attrait des arboretum, des parcs animaliers, des jardineries en tout genre qui dès le printemps attirent le chaland en mal de naturel.

Mais l'humain est-il un "animal naturel" ? Ou bien est-il un être de culture arraché ( de son plein gré ou par hasard ?) de sa niche écologique ?

C'est toute la question que posent les deux premiers chapitres de la Genèse : l'humain y est considéré comme partie prenante de la nature, créé dans la foulée des autres êtres vivants, adoubé de la capacité à les nommer et pourtant exclu de ce jardin à la suite d'un événement interprété comme une "faute des origines", un péché originel.

Je sais gré à Corinne Lanoir, professeur à l'Institut Protestant de Théologie, de nous avoir lors d'une Leçon inaugurale, alertés sur un autre sens possible : l'événement en cause serait l'entrée de l'humain dans le monde de la culture, sous l'impulsion de la femme !

Loin de représenter une catastrophe originelle il représenterait un salut originel : l'humain sort alors de la servitude de la nature : prédation-chasse-cueillette aléatoire, pour entrer dans le monde de la culture : maîtrise du jardin et maîtrise de la langue, domestication du temps, de l'espace et des espèces.

L'événement décrit serait donc celui que les paléontologues nomment la révolution néolithique : le passage d'une vie de hasard à une vie orientée et de maîtrise progressive de l'environnement, et ultérieurement à la sédentarisation.

L'humain se situe dés lors entre l'aspiration à une maîtrise toujours plus grande du monde et la

nostalgie d'un passé fantasmé.

(à suivre)

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